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16 mai
Le rossignol vient de se taire après une journée de chant d’enfer. Héros de tant d’énergie pour plaire, ton espèce tient son sort de ton air.
Ça me coupe le sifflet !
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19 mai
Les mots du poète chantent plus que la vie, cette vie d’humain qui ne serait grande sans quitter ces toutes vaines illusions, des désirs de l’égo aux nus propriétés.
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22 mai
Au début l’enfant vient jouer et apprendre, il marche, cherche et devient ainsi plus fort pour explorer la vie, un chemin à prendre, la seule issue du labyrinthe est la mort.
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25 mai
Je sais vrais les paradis artificiels, c’est qu’il n’y en aura pas d’autre au ciel. Retour d’acide, ma jeunesse enfuie, je préfère aller loin avant la nuit. Ce m’est urgence d’écriture à risque, ne prendre une ligne sans astérisque. Ivresses, drogues, après des soixante ans, du dernier rêve seront-elles au levant ?
*** 28 mai
mauvais fils, mauvais père, médiocre mari c’est déjà en plus un vers de treize pieds cela porte malheur au maudit amateur je conjure du poème le sort funeste en souhaitant aux mères de bonnes festes
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17 mai
Un verre de bourbon à ta santé le Jazz, pardon... à ton génie afro-américain !
Et un verre de rhum. Santé au Maloya, complainte du chanteur, du kayamb au rouleur.
Il me faut souvenir que c’est dans la douleur de la vie d’esclave que musique naquit.
Boire sans oublier les sources du rythme.
*** 20 mai
Ami du mal, du bien, juge de soi, d’autres, je quitte l’unité, l’universalité, la seule dimension de ma libération..
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23 mai
À la belle saison, douceur des jours plus longs, sentir la nature guérir mes blessures. Le bonheur vient de l’air, le jouir de la terre, l’espoir de la lumière.
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26 mai
Rien ne sort plus du bruit, las, ce brouhaha me nuit.
Tant de signaux délétères anesthésient ma colère.
D’abord, fixer le silence pour trouver une nuance.
Alors avec sérénité, reparaitra ma vérité, parmi autant d’autres beautés.
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29 mai
à toi mon maître très noble orang-outang moine de la forêt vivant sage et grand puis-je me réincarner un jour comme toi échappant à l’état d’homme imbu de soi dans notre vile branche de l’évolution
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18 mai
Les roses au réveil ont bu, bien élevées, leurs gouttes de rosée et prennent le soleil.
Les guêpes s’énervent quand je taille la haie. Brute qui cultive, je tue ce qui vivait.
Faut-il jardiner ?
*** 21 mai
Il se dit c’est la fin de l’histoire comme ici fin de la politique tout est roman, croyance de l’espoir, et dictature économique.
Ma foi choisit cet animal humain capable de choisir l’autre destin, passer de gain à solidarité, renoncer à soi pour la liberté.
*** 24 mai
Héritier de mon genre, de traces catalanes, de l’image de père, rien ne me dédouane.
Faute de nier ma chance, d’avoir tant reçu, peu donné, je mesure leurs souffrances.
Vive la lutte acharnée des femmes amazones, les Femen, mes héroïnes.
*** 27 mai
j’appelle à naître le nouveau militant pas beaubof ni gaugau pas de fin en iste Construire la liberté en l’étudiant chercheur en poésie à l’âme nudiste il elle fondera un réseau de maquis et oubliera la machine agressive et saura résister aux regrets des acquis guide sans armée molécule native
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30 mai
il est vain d’en vouloir à ceux qui ont disparu devenu les auteurs d’abord de leurs méfaits pas plus on ne pourra louer de leur vertu les morts à qui l’on doit et qui nous ont aimés vis avec les vivants sans que passe le temps
*** 31 mai
Alléluia du vrai bonheur silencieux fragile amour dans l’instant délicieux mérite mille fois se détourner du dieu ma main immobile sur ta peau assoupie en capte la chaleur, l’onde de l’énergie au suspens éternel, sans avant ni après de pure confiance sans aucun dangers
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